Quand vous entendez « développement des compétences », qu’est-ce que ça réveille en vous? De l’enthousiasme? La peur de manquer de temps? Ou un grand soupir en pensant « encore un atelier »? Ces réactions sont toutes différentes. Mais elles en disent long sur qui vous êtes et qui vous êtes en train de devenir.
Dans cet article, je ne suis pas ici pour vous convaincre de développer telle ou telle compétence. Je veux vous inviter à explorer une question qu’on se pose rarement : quelle est votre relation avec le développement des compétences? Cette relation vient avant le choix de la compétence elle-même, et elle mérite d’être comprise en premier. Développer une compétence, ce n’est pas juste apprendre une nouvelle technique. C’est aussi améliorer une façon de faire, d’être, de penser. Ça peut arriver au travail. Ça peut aussi arriver dans la vie de tous les jours.
J’ai travaillé longtemps en petite enfance. Je suis aussi coach professionnelle certifiée par l’ICF (une association reconnue en coaching). Ces deux expériences m’amènent à vous poser une question différente. Pas « quelle compétence développer? » Plutôt : « quelle est ma relation avec le développement des compétences? »
Vous verrez, dans la photo qui accompagne cet article, une enfant qui se regarde dans un miroir. Ce moment simple illustre bien l’invitation que je vous fais ici.
Je vous invite à vous observer, sans pression. Juste en prendre conscience, c’est déjà une forme de développement.
Vos réactions
Si votre première réaction est l’enthousiasme, c’est très bien. Elle mérite d’être explorée, comme les autres réactions. Comprendre ce qui vous motive est aussi important que comprendre ce qui vous freine. Ces réactions, qu’elles soient enthousiastes ou plus réticentes, racontent quelque chose par rapport à l’apprentissage.
D’où viennent ces réactions?
D’où viennent ces réactions? Souvent, d’une croyance bien ancrée dans notre tête. Est-ce que l’idée d’apprendre quelque chose de nouveau vous dérange plus que prévu? C’est peut-être qu’une vieille croyance se réveille en vous.
Pensez à un exemple simple : votre coordonnateur·rice vous inscrit à un atelier. Qu’est-ce que vous pensez, tout de suite? De la curiosité? De la fatigue? L’impression d’être jugé·e?
Ça peut être une peur. Une mauvaise expérience passée. Une pression au travail. Ça peut aussi être une raison très concrète : ne pas être payé·e pour le faire, ou ne pas se sentir motivé·e. Ces raisons sont aussi vraies que les autres. Elles ne font pas de vous une personne paresseuse. Ce sont des réactions humaines. Je les comprends très bien.
Voici un petit exercice. Si vous évitez certains sujets d’apprentissage, complétez ces phrases. Sans vous juger :
1. J’évite de développer cette compétence parce que…
2. Je crois que…
3. J’ai peur que…
4. Ce que je veux vraiment, c’est…
Une fois vos réponses écrites, posez-vous cette question : est-ce que cette façon de penser m’aide, ou me limite? Peu importe la réponse, acceptez-la sans jugement. C’est là qu’une nouvelle perspective peut commencer.
Et si le développement des compétences vous rend plutôt enthousiaste? Cette réaction mérite d’être comprise, elle aussi. Pas juste remarquée. Essayez ceci :
1. Ce qui me motive dans l’idée d’apprendre, c’est…
2. La dernière fois qu’apprendre m’a fait du bien, c’était…
3. Ce que ça nourrit chez moi, c’est…
Cet enthousiasme peut venir d’une curiosité naturelle. D’un besoin de bouger. D’une bonne expérience passée. Le comprendre vous aide à choisir vos prochains apprentissages avec plus d’intention.
Et si on changeait de perspective?
Peu importe si vous ressentez de la résistance ou de l’enthousiasme. Ce qui suit s’applique aux deux. Il s’agit de choisir votre relation avec le développement des compétences. Pas de la subir.
Il arrive qu’on se sente incompétent·e dès qu’on nous inscrit à un atelier. Comme si ça confirmait un manque. Mais ce n’est peut-être pas ça, la vraie signification.
Et si le développement des compétences n’était pas une preuve que vous manquez de compétences? Et si c’était plutôt une preuve de votre engagement envers votre croissance? On passe d’une perspective où il vous manque quelque chose, à une histoire où vous avancez.
Ça change aussi votre façon de voir les choses. Vous n’avez pas à vivre le développement des compétences comme une obligation, une case à cocher. Et si c’était plutôt un espace à vous?
Et si grandir, ce n’était pas toujours ajouter quelque chose de nouveau? Parfois, c’est plutôt enlever quelque chose : une croyance qui vous limite, ou la peur d’être imparfait·e avant même d’essayer.
Et la question de l’argent? C’est vrai : on n’est pas toujours payé·e pour développer ses compétences. C’est une réalité. Elle mérite d’être reconnue, pas ignorée. Mais le développement des compétences peut vous apporter autre chose que de l’argent : plus de confiance en vous, de nouvelles idées, un sentiment d’accomplissement, de nouvelles possibilités, une meilleure relation avec les enfants et l’équipe. Ce sont des gains qu’on oublie souvent de compter.
Voici un petit jeu pour continuer à y réfléchir. Imaginez que vous avez une baguette magique. Aucun obstacle n’existe : pas de manque de temps, pas de manque d’argent, pas de peur. Quelle compétence auriez-vous envie de développer? La réponse qui vous vient tout de suite est souvent la plus vraie.
Et avant d’avancer, un petit rappel : vous avez probablement déjà plus de ressources que vous ne le pensez. Des connaissances. Un réseau. Des collègues. Une expérience passée. Une bonne dose de curiosité. On pense souvent à ce qui nous manque. On oublie souvent ce qu’on a déjà.
Alors, quel serait votre prochain petit pas? Pas besoin d’un plan pour toute l’année! Ça peut être une conversation. Un livre. Un premier essai. Une fois ce petit pas fait, prenez un instant pour le souligner. Même un tout petit pas mérite d’être célébré.
La suite, à écrire
Le développement des compétences, ce n’est pas juste apprendre. C’est aussi une belle occasion de mieux se connaître. La compétence qu’on choisit de développer, les résistances qu’on rencontre, les actions qu’on décide de poser: tout ça en dit long sur qui on est.
Le même regard curieux qu’on invite les enfants à poser sur eux-mêmes devant le miroir, on peut se l’offrir aussi comme adultes.
Qu’avez-vous appris sur vous-même en lisant ces lignes? C’est une question qui vaut la peine d’être gardée avec vous, bien au-delà de cet article.
Alors la vraie question n’est peut-être pas quelle compétence développer ensuite. C’est plutôt : qui suis-je en train de devenir? Vous avez déjà commencé à écrire la suite.
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