Vous avez vos enfants avec vous dans votre milieu en ce moment, ou vous rêvez d’ouvrir votre propre milieu familial tout en les gardant à vos côtés? Dans cette aventure, il y a des périodes plus faciles et d’autres plus difficiles, mais au final, ça en vaut vraiment la peine.
Être parent et responsable d’un milieu familial en même temps demande de savoir s’organiser et d’ajuster ses attentes au fil du temps. Certaines diront qu’elles sont plus exigeantes avec leurs propres enfants qu’avec les autres, d’autres diront l’inverse. Chacun de nos enfants a aussi ses réactions : jalousie, colère, insécurité … Il n’existe pas de recette miracle. Chaque famille doit trouver sa propre façon de faire.
Une chose qui a bien fonctionné pour nous, c’est notre genre de “conseil de famille ». Ensemble, nous avons d’abord établi nos repères de famille, puis nous avons fait la même chose pour le milieu familial. Mes enfants savaient ainsi à quoi s’attendre, à la maison comme pendant les heures du service. Surtout, ils savaient que leur place dans mon cœur restait toujours la même, peu importe le nombre d’enfants autour de nous.
Tout au long des années, ils ont aussi contribué à enrichir l’espace de jeu du milieu familial, en donnant des jouets ou des vêtements, ou en récupérant du matériel pour créer de nouveaux jeux. La réaction des enfants qui découvraient un nouveau jeu dans le milieu était très gratifiante pour les miens, qui venaient de se départir d’un jouet dont ils se servaient moins. Il est bien arrivé qu’un jouet retourne, après quelques jours, dans les jeux personnels de la famille, ou même dans le lit de l’un de mes enfants après une soirée de regret ! Mais il revenait bien vite dans les jeux du milieu familial, avec la mention « à partager » !
Nous avons trouvé notre propre rythme, en laissant beaucoup de place à l’implication et au choix. Parfois, les miens préparaient des bricolages et de petites expériences et je devenais un peu leur assistante. Ils accueillaient les enfants avec moi et quand un petit nouveau avait des larmes, c’étaient souvent eux qui le consolaient. Je les impliquais aussi dans mes questionnements, sans oublier de leur laisser le choix de s’impliquer ou non. Parfois, rien ne fonctionnait. Et parfois — souvent, même ! — je devais revenir aux repères que nous avions établis ensemble. Mais je dirais que c’est justement ça, notre rythme à nous : ajuster, revenir, recommencer. J’ai commencé cette aventure quand mes enfants avaient 5, 3 et 1 an, et je l’ai terminée alors qu’ils en avaient 18, 15 et 13.
Avec le recul, je vois tout ce que cette expérience a apporté à ma famille : le contact humain, la relation avec les autres, le sens des responsabilités, une belle ouverture sur le monde et une bonne dose de débrouillardise. Le referais-je? Oui, sans hésiter. Mes enfants ne seraient probablement pas les personnes qu’ils sont aujourd’hui sans les liens qu’ils ont tissés à travers cette aventure. Au fond, mes enfants n’ont pas seulement grandi avec leurs frères et sœurs : ils ont aussi gagné une famille élargie à travers tous les enfants que nous avons accueillis dans notre milieu familial. La meilleure amie de ma plus jeune, elles se sont rencontrées dans mon milieu à 12 mois, et elles ont fêté leurs 18 ans ensemble dernièrement. Une autre de mes filles, elle, s’était liée d’amitié avec une toute petite qui venait chez nous et qui ne parlait qu’espagnol au début, elle a voulu apprendre cette langue, et à 20 ans, elle est aujourd’hui trilingue. Et mon fils est devenu un super entraîneur de soccer : il sait exactement comment aller chercher l’intérêt des enfants. Toutes ces belles richesses se sont forgées dans notre milieu éducatif familial.
Le point de vue de mes filles
Témoignage de Jade
Le bon côté :
Grandir dans un environnement amusant et social; toujours avoir des enfants avec qui jouer; développer de la patience avec les plus jeunes; profiter de l’expérience de ma maman pour prendre soin des enfants; l’observer être juste et souriante, toujours une maman aimante même quand ce n’était pas facile avec nous, avec les autres enfants, ou parfois même avec les parents; la voir créer un environnement accueillant et confortable pour nous tous; découvrir comment interagir avec chaque enfant; avoir la chance de leur montrer comment partager et s’amuser.
Le moins bon côté :
Parfois, certains enfants avaient besoin de beaucoup d’attention, ce qui pouvait rendre les choses un peu plus difficiles . Et à l’heure de la sieste, les plus grands et moi devions faire attention au bruit. Nos plans de famille en fin de journée étaient parfois changés, parce que certains parents arrivaient en retard et que moi, je ne voulais pas arriver après les autres à mes activités.
Témoignage de Léa
Grandir avec une maman qui avait un milieu familial a vraiment été une expérience unique. L’un des meilleurs côtés, c’était d’avoir toujours d’autres enfants autour de moi : la maison était animée et il y avait presque toujours quelqu’un avec qui jouer quand j’étais plus jeune. Ça m’a aussi donné beaucoup d’expérience avec les plus jeunes et ça m’a aidée à développer un intérêt pour prendre soin des autres, ce qui m’a amenée à travailler dans des camps de jour. Le côté plus difficile, c’est que la maison n’était pas toujours complètement séparée du travail de maman. Il pouvait parfois être difficile d’avoir autant d’enfants autour quand j’avais envie d’un peu de calme ou d’être seule. Je garde beaucoup de beaux souvenirs de cette enfance et je pense que ça a été une expérience assez enrichissante.
Et vous, comment vivez-vous la présence de vos enfants dans votre milieu?
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